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De son côté, la gauche offre l’image d’un long tunnel qui risque de déboucher sur une impasse. Une primaire, aux modalités encore floues, est annoncée pour le 11 octobre pour départager Olivier Faure – le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), qui, de plus en plus contesté, n’est pas suivi par son parti –, la cheffe des Ecologistes, Marine Tondelier, les anciens « insoumis » Clémentine Autain, François Ruffin et Alexis Corbière. Ses chances d’aboutir sont de plus en plus faibles. Boris Vallaud, le patron des députés socialistes, ne cache pas son opposition à cette primaire, sans abattre toutes ses cartes. Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, affiche la même hostilité et s’est déclaré candidat sans être investi par son parti. Le sénateur écologiste Yannick Jadot et Karim Bouamrane, le maire PS de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), pourraient se joindre à la mêlée.
A moins que MM. Vallaud, Guedj, Jadot et Bouamrane rejoignent une coalition, qui se cherche encore, ouvertement réformiste et résolument hostile à LFI et surtout à Jean-Luc Mélenchon. Raphaël Glucksmann (Place publique), qui a une bonne tenue dans les sondages mais peine à percer, rêve d’une fédération regroupant plusieurs forces sociales-démocrates. L’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve, qui a quitté le PS et fondé une « Convention » avec le Parti radical de gauche, se dit « prêt à être candidat en 2027 ». Même Manuel Valls y songe. Ils pourraient être départagés par François Hollande, qui veut faire de son expérience internationale un atout pour tenter de retrouver une crédibilité. L’ancien président de la République multiplie ses contacts à gauche et au centre et se prépare à ciel ouvert.
Secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel ne s’interdit pas de se présenter à nouveau, tandis que Nathalie Arthaud a sauté le pas pour Lutte ouvrière. Le Nouveau Parti anticapitaliste, qui s’est scindé en deux, pourrait avoir deux candidats. Et, dans ce panorama, Dominique de Villepin tisse sa toile. L’ancien premier ministre a fait un retour à grands bruits, fort de l’image positive à gauche de son discours aux Nations unies, en 2003, contre l’intervention américaine en Irak, faisant oublier à ce stade le sévère revers que les syndicats lui ont infligé en bloquant, en 2006, le contrat première embauche dont il avait été l’artisan.
Sauf envolée encore hypothétique d’Edouard Philippe ou de François Hollande, le second tour de l’élection présidentielle risque de se jouer entre Jean-Luc Mélenchon, qui bat pourtant des records d’impopularité, et probablement Jordan Bardella, le président du RN, si Marine Le Pen, comme l’extrême droite semble s’y résigner, est condamnée en appel, le 7 juillet, à l’inéligibilité. Lionel Jospin, qui, jusqu’à la fin de sa vie, a rêvé d’une renaissance, sous d’autres formes, de la « gauche plurielle » – dont la dispersion à la présidentielle de 2002 a pourtant conduit à sa mise à l’écart du pouvoir –, n’aurait pas aimé un tel scénario. Pour la troisième présidentielle d’affilée, la gauche serait privée d’accéder à l’Elysée. Ce serait, pour elle comme pour la droite républicaine, le retour de la machine à perdre.